Le parcours Lignes Communes accompagne le prolongement du tramway T1 entre Noisy-le-Sec et Romainville à travers une série d’interventions artistiques destinées à renforcer la qualité du cadre de vie et l’identité culturelle des quartiers traversés. Les fresques seront réparties sur sept sites : quatre pignons d’immeubles, un mur de soutènement et le mur d’accès au métro de la ligne 11.

L’ensemble des artistes mobilisés développe une approche en lien avec les idées de mouvement, de mobilité et de diversité culturelle, afin de faire écho aux usages du territoire et aux dynamiques humaines qui le caractérisent. Sur les deux pignons de la résidence Crainquebille, les œuvres prendront par ailleurs la forme d’un hommage à Toni Morrison, personnalité féminine marquante de la lutte antiraciste.

Enfin, un programme d’ateliers viendra accompagner les projets réalisés sur les sites Carnot, Goulet Peupliers et Crainquebille. Ces temps d’échange et de pratique permettront d’associer étroitement les habitants – ainsi que les publics scolaires lorsque cela est possible – aux différentes étapes du parcours artistique.

Les artistes

Le parcours réunit cinq artistes ou collectifs, dont les démarches permettent de refléter la diversité des écritures contemporaines :

Rouge Hartley

Le second pignon de Crainquebille, place Carnot à Romainville – réalisée en novembre 2025

Le mur de soutènement, rue Anatole France à Noisy-le-sec – en cours depuis septembre 2025

Afin de répondre à la demande spécifique des partenaires en faveur d’une fresque florale ou végétale à dominante réaliste, le projet proposé par Rouge Hartley s’inscrit dans la continuité de son travail, tout en l’adaptant au contexte du site.

L’artiste développe une approche sensible de la nature, en particulier du végétal, qu’elle traite avec un grand souci du détail et une forte dimension poétique. Son travail oscille entre réalisme et interprétation picturale, et trouve un écho particulier dans des environnements urbains denses.

Ce vocabulaire visuel, profondément ancré dans le vivant, répond aux attentes du parcours artistique global, qui vise à créer des respirations sensibles dans l’espace urbain. Dans ce cadre, Rouge Hartley mène un travail de concertation avec les habitants et les acteurs locaux, afin d’identifier les espèces emblématiques du territoire et de renforcer le sentiment d’appropriation.

Le projet proposé s’inscrit également dans le respect des prescriptions du Conseil des ABF, compte tenu de la proximité du site avec le Trianon, et vise une intégration harmonieuse dans l’espace public.

     

Romain Froquet

Le pignon Goulet Peupliers – 24 rue Jean Jaurès à Noisy-le-sec – réalisée en novembre 2025

Romain Froquet est un artiste autodidacte dont la pratique se développe depuis le début des années 2000 autour de la ligne. Son univers graphique singulier s’appuie sur la calligraphie, le dessin et la peinture murale, dans une recherche constante de profondeur et de mouvement.

La ligne devient chez lui un langage à part entière, structurant l’espace et dialoguant avec l’architecture. Ses compositions, à la fois abstraites et dynamiques, transforment les surfaces en espaces symboliques et immersifs.

Son travail se déploie sur de multiples supports, du dessin à l’encre de Chine aux installations in situ. Il explore notamment le potentiel narratif et formel du geste et de la répétition. Présent sur la scène internationale, il a réalisé de nombreux projets en France et à l’étranger, notamment pour des institutions culturelles et des espaces publics emblématiques. Son approche, profondément ancrée dans l’exploration de la ligne et de l’espace, fait de lui une figure reconnue de l’art mural contemporain.

      

Virginia Bersabé

L’un des pignons de Crainquebille, place Carnot à Romainville – réalisation prévue en mars 2026

Virginia Bersabé, née à Cordoue en 1980, est une artiste plasticienne diplômée des Beaux Arts et titulaire d’un master de production artistique de l’université de Séville. Sa pratique, initialement centrée sur la gouache, s’est progressivement étendue à de grands formats muraux, dans l’espace public comme dans des contextes privés.

Son travail pictural place la mémoire et la notion de lieu au cœur de la composition. Elle explore les thèmes de l’identité, du paysage et des figures féminines, en croisant références personnelles et récits collectifs. Depuis 2011, elle développe des projets in situ, pensés en dialogue avec l’histoire des lieux et les usages.

Son parcours a été distingué par plusieurs reconnaissances institutionnelles, notamment en Espagne. Les paysages et figures qu’elle déploie invitent à une lecture sensible et poétique des espaces, en révélant la beauté de fragments du quotidien et de mémoires partagées. Sa palette, délicate et expressive, interroge notre rapport à l’identité et au temps.

    

Arnaud Liard

Le pignon du Centre Gérard Philipe - 115 Rue Jean Jaurès à Noisy-le-sec – réalisation prévue pour 2026

Pour cette intervention située à la sortie du RER E de Noisy le Sec, le projet s’appuie sur le travail d’Arnaud Liard, artiste originaire de Seine Saint Denis, dont la pratique est profondément ancrée dans l’observation du quotidien urbain. Son travail associe figuration, engagement et attention portée aux usages et aux habitants.

Implantée à un point de convergence des flux de voyageurs et des circulations locales, la surface retenue constitue un espace stratégique et très exposé. Le projet proposé entre en résonance directe avec l’univers graphique d’Arnaud Liard, dont les créations s’attachent à représenter des récits ordinaires et des figures ancrées dans leur territoire.

L’artiste développe une approche sensible des paysages urbains et des visages qui les habitent. Sa démarche privilégie le travail avec les acteurs locaux et les habitants, en lien étroit avec l’équipe de médiation. Cette dimension collective permet d’intégrer une figure emblématique et engagée, en cohérence avec les attentes exprimées pour ce mur.

  

    Sifat Quazi

    Le pignon Carnot – place Carnot à Romainville - réalisation prévue pour 2026

    Sifat Quazi est une artiste peintre et muraliste née à Dacca, au Bangladesh, en 1987. Installée en France depuis 1991 et résidant à Noisy le Sec, elle est également mère de deux enfants scolarisés dans la ville, ce qui nourrit un lien direct et quotidien avec le territoire.

    Son travail s’inspire des interactions sociales, culturelles et urbaines qui structurent la vie locale. Elle développe une pratique où se croisent abstraction, calligraphie et couleurs vibrantes, faisant écho aux dynamiques des villes françaises. Son univers explore les notions de mémoire, d’identité et d’émancipation, à la croisée des cultures.

    À travers des fresques, Sifat Quazi propose une lecture sensible des récits collectifs. Sa pratique s’exprime aussi bien sur de grandes surfaces murales que dans des projets participatifs menés avec des établissements scolaires, des structures jeunesse ou des associations locales. Elle accorde une attention particulière aux processus de création, à la transmission et à la mise en lumière de trajectoires souvent invisibilisées.